English
Plate-forme initiale
À l’automne 2002, la plate-forme initiale du Collectif Échec à la guerre était entièrement centrée sur l’imminence de l’agression étasunienne contre l’Irak. Nos trois objectifs de base étaient :
- affirmer notre opposition totale à l'agression que les États-Unis préparent contre le peuple irakien;
- exiger du gouvernement canadien qu'il refuse toute participation à cette agression et qu'il la condamne fermement;
- exhorter les nations du monde à résister au chantage des États-Unis visant à obtenir, en violation du droit international, l'aval des Nations Unies à leur projet belliqueux.
Plate-forme actuelle
Au printemps 2003, suite à l’invasion, nos discussions sur la signification plus générale de cette guerre d’agression nous ont amené à situer notre action dans un contexte plus large. Dorénavant, c’est sur la lutte contre la tendance ouverte à la domination militaire des États-Unis sur la planète –et particulièrement contre la collusion et la participation canadienne à cette tendance– qu’allait se fonder le travail du Collectif Échec à la guerre. Voici donc la nouvelle plate-forme adoptée au cours de ces discussions, suivie du document de réflexion qui avait alors alimenté nos discussions.
IMPORTANT : La formulation plus générale de nos objectifs n’invalide en rien les revendications que le Collectif a développées face à l’invasion, puis à l’occupation, de l’Irak et qui demeureront certes au cœur de notre travail des prochains mois. Nous cherchons simplement à fournir à ce travail une assise plus stable qu’une liste de revendications qu’il faudra constamment adapter à l’évolution rapide de la conjoncture. Cette nouvelle formulation constituera donc une base d’adhésion plus solide pour l’ensemble des groupes membres du Collectif.
A. NON À LA GUERRE, PLACE À LA PAIX !
De façon générale, le Collectif Échec à la guerre s’oppose à toute guerre d’agression, à toute volonté de domination ou de contrôle entre pays, nations ou autres communautés humaines. Il préconise un monde de paix, reposant sur des rapports internationaux de justice, d’équité et de solidarité.
B. NON AUX VISÉES GUERRIÈRES DU GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS
Créé en octobre 2002 pour rassembler les forces d’opposition de la région montréalaise à la guerre des États-Unis et de l’Angleterre contre l’Irak, le Collectif Échec à la guerre entend s’opposer aux visées des États-Unis révélées au grand jour par cette guerre. La soi-disant « guerre au terrorisme », la lutte contre « l’axe du mal » et les « nouvelles menaces » auxquelles il faudrait répondre par des « attaques préventives » ne sont que des prétextes pour une politique de domination où la force militaire constitue l’atout majeur pour étendre l’empire à l’ensemble de la planète. Le Collectif Échec à la guerre s’oppose totalement à cet hégémonisme militaire qui représente à nos yeux la plus grave menace pour la sécurité collective des êtres humains sur notre planète.
Cette prise de position vise la politique étrangère guerrière du gouvernement des États-Unis et non sa population, elle-même mise en danger par cette politique. C’est donc en solidarité avec des secteurs importants de la société étasunienne qui luttent déjà contre cette politique que nous entendons approfondir notre travail.
C. CONTRE TOUTE PARTICIPATION CANADIENNE À CETTE POLITIQUE AGRESSIVE
Le Collectif Échec à la guerre, dans l’ensemble de son action, travaillera à distancer, à dissocier la politique et l’économie canadiennes de cette politique et exigera notamment du gouvernement canadien :
- qu’il refuse de faire écho à des menaces d’agression, de participer directement ou indirectement à des guerres d’agression et de s’associer à la réalisation des mandats néo-coloniaux qui en résultent, non seulement en paroles mais surtout dans les faits;
- qu’il résiste au chantage et aux pressions du gouvernement des États-Unis pour obtenir du Canada une participation ou une simple légitimation de leurs politiques agressives et qu’il les dénoncent ouvertement;
Dans le sens de la préoccupation centrale mentionnée ci-dessus, le Collectif Échec à la guerre s’oppose à toute participation canadienne au projet de bouclier anti-missiles nord-américain et revendiquera un programme de reconversion de l’industrie militaire canadienne à des fins civiles.
D. POUR UNE VÉRITABLE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Le Collectif Échec à la guerre exhorte les nations du monde à s’opposer fermement au détournement des Nations Unies en faveur des projets belliqueux des États-Unis ou à la marginalisation de l’ONU par des faits accomplis unilatéraux qui violent le droit international et la charte même de cette organisation. À cet égard, nous appelons le Canada à oeuvrer pour renforcer le rôle de l’assemblée générale des Nations Unies pour faire face à la nouvelle situation internationale et faire échec à l’hégémonisme militaire des États-Unis.
La raison d'être et le mandat du Collectif Échec à la guerre après l'invasion de l'Irak par les États-Unis et l'Angleterre
(Document d’orientation, printemps 2003)
Au départ, c'est dans une situation d'urgence et autour de trois objectifs de base que s'est constitué le Collectif Échec à la guerre:
- affirmer notre opposition totale à l'agression que les États-Unis préparent contre le peuple irakien;
- exiger du gouvernement canadien qu'il refuse toute participation à cette agression et qu'il la condamne fermement;
- exhorter les nations du monde à résister au chantage des États-Unis visant à obtenir, en violation du droit international, l'aval des Nations Unies à leur projet belliqueux.
De nos débuts à aujourd’hui, plus de 200 groupes se sont joints au Collectif, sur la base des objectifs ci-dessus et, pour certains, de nos prises de position ultérieures, mais aussi simplement, pour d’autres, en raison d’un sentiment d’urgence partagé et du succès retentissant des mobilisations réalisées. Or nos trois objectifs initiaux –liés étroitement à la conjoncture du moment– sont nettement déphasés par rapport à la réalité actuelle du fait accompli; et les niveaux de mobilisation sans précédent atteints en février et en mars ne sont clairement plus réalisables dans l’immédiat. Bien sûr, le Collectif a constamment remis à jour ses revendications et dénonce maintenant l’occupation illégitime et illégale, la mainmise sur les ressources irakiennes, l’arnaque de la « reconstruction », le maintien à l’écart des Nations Unies, etc. Mais cela ne dispose pas de la question de fond suivante : la situation d’urgence qui avait prévalu à la mise sur pied du Collectif n’étant plus, le Collectif devrait-il maintenir son existence de façon plus permanente ? Si oui, au-delà d’une liste de revendications mises à jour pour l’Irak, pour répondre à quels impératifs?
Les préoccupations sous-jacentes à une mobilisation sans précédent
Les quelques éléments qui suivent sont liés à notre réalité, mais s’appliquent vraisemblablement ailleurs dans le monde avec diverses variantes. En octobre dernier, lorsque la « Concertation Comprendre et agir pour une paix juste » a appelé à une vigile au Parc Jarry pour protester contre les préparatifs de guerre contre l’Irak, seules 250 à 300 personnes ont participé. Mais déjà, au lendemain de cette action, plusieurs groupes se sont rassemblés pour mettre en place une coalition sur cette question à Montréal; et la marche du 17 novembre a amené 5 000 personnes dans les rues de Montréal.
Dès le départ, ou graduellement par la suite, les groupes participants ont reconnu le caractère particulier de la situation : il se préparait un véritable coup de force unilatéral au niveau mondial... Les États-Unis, secondé par la Grande-Bretagne, donnaient de plus en plus d’indications de vouloir carrément renverser le régime irakien par la force et d’être prêt à le faire même à l’encontre du Conseil de sécurité des Nations Unies, si « nécessaire ». Déjà, certains politiciens aux États-Unis parlaient d’occupation prolongée de l’Irak et justifiaient leur future mainmise sur le pétrole irakien par les « sacrifices » consentis par les forces militaires étasuniennes pour « renverser Saddam ». Et George W. Bush avait déjà commis son discours pour dénoncer les pays de l’ « axe du mal ». À cela s’ajoutait l’inquiétante nouvelle doctrine militaire étasunienne qui entendait maintenir la « full spectrum dominance » de leurs forces militaires, empêcher l’émergence de rivaux sur ce plan, réhabiliter les armes nucléaires comme composantes acceptables de leur arsenal de combat et recourir à l’ « attaque préventive » pour parer à des « menaces » supposées. De plus, l’administration Bush avait
récemment décidé unilatéralement de ne plus adhérer au traité ABM
(1), afin de pouvoir développer, tester et mettre en place un « bouclier » anti-missiles, etc.
On pourrait certainement en dire davantage sur ce que les uns et les autres, parmi les groupes actifs au sein du Collectif, comprenaient de la situation. Dès après le 11 septembre 2001, plusieurs –dont les organismes de la Concertation Comprendre et Agir pour une paix juste– avaient perçu que cet attentat meurtrier servirait de prétexte à des guerres d’agression, dont celle lancée rapidement contre l’Afghanistan. Mais en septembre 2001, et même jusqu’à l’automne dernier, une telle analyse était loin d’être répandue au sein de la population en général.
Ce qui a changé de façon cruciale pendant la période allant de décembre 2002 à mars 2003, et qui a entraîné une telle différence de réponse face à la guerre contre l’Irak comparée à la guerre contre l’Afghanistan, c’est une prise de conscience très rapide et très large de ce qu’on ne pouvait considérer autrement que comme coup de force illégitime et illégal de la part des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Plusieurs facteurs y ont concouru, notamment l’accumulation inexorable des troupes dans la région, la volonté manifeste des États-Unis de discréditer le nouveau régime d’inspections avant même qu’il ait des chances d’aboutir à quoi que ce soit, le double discours étasunien sur la question des ‘armes de destruction massive’ face à l’Irak, d’une part, et à la Corée du Nord, d’autre part, les discours mensongers –rapidement éventés–de Bush et de Blair, l’opposition à la guerre des populations voisines de l’Irak, l’opposition de la France et de l’Allemagne, les menaces, pots-de-vin et autres pressions pour recueillir l’appui de gouvernements contre l’opinion de leur population (ce qui dans le cas du Canada s’est traduit par un soi-disant refus de prendre position, ridiculement prolongé jusqu’à la dernière minute!). L’ensemble de ces facteurs a amené la vaste majorité des Québécois et des Québécoises, comme tant d’autres populations à travers le monde, à constater une rupture majeure dans l’ordre établi –sinon réel, du moins apparent et perçu– des relations internationales qui était ouvertement ramené à la loi du plus fort. Et la réaction générale en a été une d’inquiétude et d’indignation, non seulement contre la politique des États-Unis mais également contre celle du Canada.
Trois facteurs principaux ont concouru à désamorcer en grande partie les extraordinaires potentialités de mobilisation des premiers mois de l’année 2003 au Québec et au Canada. D’abord, la position officielle canadienne de « non-participation » à la guerre, qui en a rassuré et même réjoui plusieurs. Ensuite, la victoire rapide des forces d’invasion qui a généré un sentiment de défaite chez certains opposantEs, mais surtout qui a mis un terme au sentiment d’extrême urgence créé par les intenses bombardements quotidiens dont les populations civiles étaient victimes. Finalement, l’absence de résistance significative à Bagdad et les images montrées à répétition de « foules », fort peu nombreuses en fait en dehors du Kurdistan, se réjouissant de la chute des statues de Saddam Hussein. Ce dernier facteur en a même amené plusieurs à se demander, temporairement du moins, si la guerre n’avait pas été une bonne chose et à remettre en question leur opposition à cette guerre.
Par ailleurs, depuis plusieurs jours, le peu d’empressement des forces d’occupation à rétablir minimalement les services de base, leurs nombreux « dérapages » répressifs et les indications évidentes que la majorité de la population irakienne aspire déjà à se débarrasser de l’occupation militaire étrangère ont peut-être raffermi ces mêmes personnes dans la validation de leur engagement premier contre la guerre, mais cela reste à vérifier dans de futures mobilisations...
ÉCHEC À LA GUERRE : une raison d’être plus large et plus «permanente»
Ce qui nous apparaît crucial pour déterminer de la poursuite ou non des activités du Collectif de façon plus permanente, c’est que le nouveau tournant particulièrement inquiétant et brutal de la politique étrangère étasunienne –contre lequel tant de gens se sont mobilisés à travers le monde– semble se confirmer comme tendance de fond. Les derniers jours en ont apporté plusieurs autres indications :
- nouvelles menaces et « avertissements » à la Syrie, à l’Iran, à la Corée du Nord;
- volonté déclarée de « punir » la France pour ses positions « anti-américaines » et ses velléités de créer un contrepoids européen à la puissance militaire étasunienne;
- refus de permettre le retour des inspecteurs de l’UNMOVIC;
- exclusion des Nations Unies de tout rôle politique dans la suite des choses en Irak;
- insistance à justifier l’invasion et l’occupation de l’Irak comme partie prenante de la «guerre au terrorisme »;
- déclarations à l’effet que l’ONU pourrait encore avoir une utilité (!) si elle démontrait une capacité de faire face aux « nouvelles menaces » (traduction : si elle acceptait d’approuver les prochaines « guerres au terrorisme » projetées par la super-puissance étasunienne);
- tendance accrue à la glorification de l’armée des États-Unis (nombreux discours de Bush sur un porte-avion, dans des bases militaires, des académies militaires, des usines de fabrication de chars, etc.);
- pressions des États-Unis sur le Canada pour qu’il joigne le programme de « bouclier anti-missiles ».
Dorénavant, il semble bien que la carte militaire sera la carte maîtresse de la politique étrangère étasunienne et qu’elle constituera l’atout majeur pour étendre la domination des États-Unis, l’empire étasunien, sur l’ensemble de la planète. Parallèlement, la marginalisation des Nations Unies s’accentue, y compris même celle du Conseil de sécurité, anti-chambre anti-démocratique de l’organisation internationale.
C’est donc sur la lutte contre la tendance ouverte à la domination militaire des États-Unis sur la planète –et particulièrement contre la collusion et la participation canadienne à cette tendance– qu’il nous semble à propos de fonder l’action future du Collectif Échec à la guerre, en continuité avec le travail des derniers mois, mais en le situant dans un contexte plus large. En effet, une telle orientation continuera d’axer notre travail sur l’actualité contemporaine et précisément sur ce qui en est peut-être le trait le plus déterminant, soit l’hégémonisme militaire étasunien, contre lequel tant de gens se sont spontanément mobilisés dans les derniers mois.
Cette orientation est plus circonscrite qu’une lutte contre la guerre en général ou contre toutes les guerres qui se livrent en ce moment. Ce qui ne veut pas dire que nous ne toucherons jamais à ces questions, mais que nous voulons en priorité poursuivre la lutte contre ce que nous estimons être la plus grave menace à la sécurité des citoyens et des citoyennes de notre planète en ce moment.
Cette orientation est également plus circonscrite qu’une lutte contre l’hégémonisme en général, qui nous amènerait pratiquement sur le même terrain que le mouvement contre la mondialisation néo-libérale. Il existe bien sûr des liens et des recoupements importants entre la domination et le contrôle au plan militaire et aux plans économique, politique, culturel, etc. Mais, notre champ d’action devrait être assez spécifique pour éviter de dédoubler celui d’autres mouvements, tout en collaborant le plus possible avec ceux qui sont complémentaires au nôtre.
Participant à ce mouvement international contre l’hégémonisme militaire étasunien, notre terrain d’action est le Québec et le Canada. Notre objectif central devrait donc être de travailler à distancer, à dissocier la politique et l’économie canadienne de cet hégémonisme militaire. Face aux tout derniers développements de la conjoncture, une telle orientation exigerait que nous nous opposions à l’envoi de la GRC en Irak, à la prise en charge prochaine par l’armée canadienne de la coordination des « opérations » en Afghanistan, à la participation canadienne au programme de « bouclier anti-missiles » etc. Le défi ici est absolument énorme. Aucun autre pays n’a autant d’échanges avec les États-Unis. Aucune autre économie n’est aussi étroitement intégrée à l’économie étasunienne. Pour leur part, les dirigeants militaires canadiens sont généralement très favorables à une collaboration de plus en plus étroite avec l’armée étasunienne et revendiquent de plus en plus les mêmes joujoux technologiques ‘dernier cri’. Bien plus, nous comptons de nombreuses entreprises –à Montréal en particulier– dont une partie plus ou moins grande de la production sert à des fins militaires en lien avec la machine de guerre des États-Unis. Il ne saurait y avoir dissociation réelle du Canada face à l’hégémonisme militaire de nos voisins du sud sans un travail de démilitarisation de notre propre économie. Les enjeux sont donc colossaux.
D’une part, nos arguments concernant les graves dangers que représente l’hégémonisme militaire étasunien pour la sécurité du monde entier –y compris la nôtre– sont forts et convaincants; appuyer cet hégémonisme nous entraîne vers une militarisation croissante de notre propre économie, vers notre « bunkerisation » commune avec les États-Unis pour tenter vainement de nous mettre à l’abri de la révolte et de la haine provoquées par notre participation aux opérations de domination et de conquête de l’empire étasunien. Mais les États-Unis, d’autre part, à travers les représailles économiques et l’offre de bénéfices alléchants ont des moyens de « persuasion » et des alliés locaux très puissants. Les discours de l’ambassadeur Cellucci et les prises de position de l’Alliance canadienne et des premiers ministres ontariens et albertains en sont des illustrations récentes. Mais tout cela n’est que le début. D’autres exemples nous ont été fournis dans les derniers jours. Ainsi, les États-Unis ont décidé que ce serait du blé australien et non du blé canadien qui serait importé en Irak (en même temps qu’ils imposaient une surtaxe à l’entrée du blé canadien dans leur pays). Sur un autre terrain, les ministres Graham et McCallum ont tous deux indiqué que le Canada pourrait revenir à de meilleurs sentiments concernant sa participation à un bouclier de défense anti-missiles nord-américain; le cabinet fédéral a commencé des discussions sur le sujet...
Les nouvelles aventures de conquête de l’empire étasunien et la militarisation croissante de l’économie étasunienne représente de très graves dangers pour la sécurité de la population mondiale et canadienne en même temps que certaines « opportunités » économiques à court terme (masquant souvent, par ailleurs, un déclin des secteurs sociaux). La lutte pour la défense des principes de justice, d’égalité et de solidarité à l’échelle planétaire est seule garante d’une véritable sécurité pour toutes et tous, mais elle pourrait avoir un coût immédiat pour les QuébécoisEs et les CanadienNEs... Nous avons énormément de travail à accomplir pour contrer la fabrication de la paranoïa face aux « nouvelles menaces qui nous guettent » et le chantage des avantages économiques perdus à court terme.
Les bases du travail futur du Collectif Échec à la guerre
IMPORTANT : La formulation plus générale de nos objectifs n’invalide en rien les revendications que le Collectif a développées face à l’invasion, puis à l’occupation, de l’Irak et qui demeureront certes au cœur de notre travail des prochains mois. Nous cherchons simplement à fournir à ce travail une assise plus stable qu’une liste de revendications qu’il faudra constamment adapter à l’évolution rapide de la conjoncture. Cette nouvelle formulation constituera donc une base d’adhésion plus solide pour l’ensemble des groupes membres du Collectif.
A. NON À LA GUERRE, PLACE À LA PAIX !
De façon générale, le Collectif Échec à la guerre s’oppose à toute guerre d’agression, à toute volonté de domination ou de contrôle entre pays, nations ou autres communautés humaines. Il préconise un monde de paix, reposant sur des rapports internationaux de justice, d’équité et de solidarité.
B. NON AUX VISÉES GUERRIÈRES DU GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS
Créé en octobre 2002 pour rassembler les forces d’opposition de la région montréalaise à la guerre des États-Unis et de l’Angleterre contre l’Irak, le Collectif Échec à la guerre entend s’opposer aux visées des États-Unis révélées au grand jour par cette guerre. La soi-disant « guerre au terrorisme », la lutte contre « l’axe du mal » et les « nouvelles menaces » auxquelles il faudrait répondre par des « attaques préventives » ne sont que des prétextes pour une politique de domination où la force militaire constitue l’atout majeur pour étendre l’empire à l’ensemble de la planète. Le Collectif Échec à la guerre s’oppose totalement à cet hégémonisme militaire qui représente à nos yeux la plus grave menace pour la sécurité collective des êtres humains sur notre planète.
Cette prise de position vise la politique étrangère guerrière du gouvernement des États-Unis et non sa population, elle-même mise en danger par cette politique. C’est donc en solidarité avec des secteurs importants de la société étasunienne qui luttent déjà contre cette politique que nous entendons approfondir notre travail.
C. CONTRE TOUTE PARTICIPATION CANADIENNE À CETTE POLITIQUE AGRESSIVE
Le Collectif Échec à la guerre, dans l’ensemble de son action, travaillera à distancer, à dissocier la politique et l’économie canadiennes de cette politique et exigera notamment du gouvernement canadien :
- qu’il refuse de faire écho à des menaces d’agression, de participer directement ou indirectement à des guerres d’agression et de s’associer à la réalisation des mandats néo-coloniaux qui en résultent, non seulement en paroles mais surtout dans les faits;
- qu’il résiste au chantage et aux pressions du gouvernement des États-Unis pour obtenir du Canada une participation ou une simple légitimation de leurs politiques agressives et qu’il les dénoncent ouvertement;
Dans le sens de la préoccupation centrale mentionnée ci-dessus, le Collectif Échec à la guerre s’oppose à toute participation canadienne au projet de bouclier anti-missiles nord-américain et revendiquera un programme de reconversion de l’industrie militaire canadienne à des fins civiles.
D. POUR UNE VÉRITABLE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Le Collectif Échec à la guerre exhorte les nations du monde à s’opposer fermement au détournement des Nations Unies en faveur des projets belliqueux des États-Unis ou à la marginalisation de l’ONU par des faits accomplis unilatéraux qui violent le droit international et la charte même de cette organisation. À cet égard, nous appelons le Canada à oeuvrer pour renforcer le rôle de l’assemblée générale des Nations Unies pour faire face à la nouvelle situation internationale et faire échec à l’hégémonisme militaire des États-Unis.
NOTE
(1) ABM : Anti-Balistic Missiles. Le traité ABM, signé et ratifié par les États-Unis et l’URSS en 1972, constituait une limite mutuellement consentie à la course aux armements nucléaires. Les deux superpuissances s’y interdisaient de développer et de déployer largement des systèmes anti-missiles soi-disant susceptibles de les mettre à l’abri des missiles intercontinentaux (ICBM) ennemis, mais qui n’auraient entraîné qu’une nouvelle course au développement de missiles intercontinentaux pouvant déjouer ces missiles « défensifs »... La vulnérabilité réciproque (MAD : Mutual Assured Destruction !) qui en résultait était également vue comme la meilleure garantie de non utilisation des missiles intercontinentaux de part et d’autre. (
retour au texte)
Haut de page | Imprimer